martes, 12 de junio de 2012

Un bon coup de talon et c'est reparti !

"Dernier post publié : 28 janvier 2012"... C'est là que je me rends compte que j'ai délaissé ce blog plus longtemps qu'il ne me semblait. On se prend de passion pour quelque chose, c'est tout beau, tout nouveau, puis, sans qu'on le veuille vraiment, l'intérêt se délite et on finit par le laisser de côté. L'ennui est un état curieux : moins l'on a d'occupations, et donc plus de temps pour soi, moins l'on s'investit dans des projets productifs ; le bon vieux dilemme typique du dimanche après-midi "je m'ennuie mais je n'ai rien envie de faire". On se légume alors, blotti dans ses déprimantes considérations, devant la télévision, en espérant combler ce vide que l'on pourrait très bien occuper si l'on s'en donnait un peu les moyens (et que l'on secouait légèrement sa feignasse volonté). Je me souviens encore de la réflexion de ma professeure de français de Seconde et Première, la pétillante Me Berthet, à ce sujet : à nos petites (et traditionnelles) complaintes lycéennes sur la surcharge de travail et notre incapacité à en faire plus, elle avait répondu que nous avions tort de penser ainsi et que nous n'en ferions pas davantage si nous avions plus de temps. Bien au contraire. C'est justement dans le trop plein, dans la sur-activité que l'on dégage l'envie et l'énergie d'aller explorer de nouveaux territoires. Lectures, sports, arts, sorties, plus on en fait, plus on a envie d'en faire. 

Il n'y a cependant pas de fatalité, si l'on ne sait pas quoi faire, il y a une foule de possibilités à inventer. La vie quotidienne à Bariloche est loin d'être facile ; ceux avec qui je parle souvent le savent bien. Les activités sont limitées et chères, la vie culturelle est pratiquement inexistante, on arrive en hiver donc plus question d'aller se balader dans "la merveilleuse nature de ce bijou de la Patagonie", et la quasi-totalité du temps on le passe à la maison. Il faut donc se montrer créatif et, malgré tout, dégager le côté positif de cette expérience (il y a des jours où même en se forçant, on ne le voit pas...). J'ai eu le temps de réfléchir pendant ces mois où je suis restée silencieuse, loin du clavier, et je suis claire sur un point : ce blog ne se transformera pas en mur des lamentations stérile mais en un lieu où je viendrai livrer le fruit de mes réflexions quotidiennes, sur ce que j'observe ici en Argentine, ou sur ce qui se passe en France. Vivre à l'étranger vous apprend énormément sur vous-même, vous ouvre les yeux sur des réalités qui vous étaient inconnues et, écrire depuis ce "Tercer Mundo" ("Tiers-Monde", comme ils s'appellent) vous met face à vos principes, en un exercice de déconstruction de tout ce que vous avez appris qui fait grandir votre conscience. 

L'aventure Entelequia est donc relancée, et je ne résiste pas à vous mettre un cliché de notre beau temps de juin qui en ferait rêver plus d'un...


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